Le toucher en ostéopathie

Le toucher en ostéopathie

L’ostéopathie et le toucher 

Dans une interview accordée à France Inter, le Docteur Alain Cassourra nous parle de son expérience de la médecine et de l’ostéopathie. Nous vous proposons la retranscription de ces échanges très intéressants.

Cet apprentissage a été difficile et vous l’avez raconté dans votre premier ouvrage, l’énergie, l’émotion, la pensée aux bouts des doigts et vous écriviez dans ce livre : le médecin que j’ai été a eu bien du mal à accepter ces concepts ; l’idée que la main par le toucher pouvait me révéler un monde chez l’autre mais aussi en moi ne m’avait pas effleuré.

Prendre conscience du mouvement dans le corps

198496_f59783dd5ad04d89aa0e237bdd3fcaafLe toucher m’a permis de prendre conscience du mouvement dans le corps, du mouvement volontaire mais aussi involontaire, articulaire, musculaire mais aussi des viscères et des fluides. C’est une première découverte mais je crois que le toucher m’a fait prendre conscience que nous avons une histoire qui s’exprime aussi par le corps, ce que je n’avais pas perçu, comme les organes, dans le corps on peut rencontrer des émotions et la pensée, un aspect qui ne m’avait jamais effleuré l’esprit et je peux concevoir que cela est assez difficile à admettre.

Si on fait référence à la médecine tradi chinoise, les chinois décrivent chaque organe avec un niveau physique, un niveau énergétique, un niveau émotionnel et un niveau mental. Pour eux c’est un concept totalement présent et là devant nous.

Notre histoire traumatique physique est inscrite dans notre corps, comme notre histoire émotionnelle ainsi que nos représentations mentales qui conditionnent la façon dont les individus bougent et parlent.

Nous ne pouvons fractionner le corps, l’émotion et la pensée

Nous sommes le corps, l’émotion, la pensée, nous sommes tout cela et nous ne pouvons fractionner ces éléments. L’ostéopathie c’est une rencontre de deux êtres par le toucher et c’est cela qui révèle le fait que je ne touche pas uniquement de la matière, je touche une personne dans toutes ses dimensions. C’est F. Dolto qui disait : si des paroles peuvent être touchantes c’est bien parce que les gestes sont éloquents. On rencontre dans le corps à la fois la matière et le verbe, Still qui est le père fondateur de l’ostéo disait : je rencontre en l’Homme la matière le mouvement et l’esprit, un univers en miniature.

Soigner avec ses mains nécessite une grande écoute. Si on n’a pas d’idées préconçues, si on n’a pas un plan de bataille précis, autrement dit si on laisse le corps nous guider, effectivement il faut écouter le corps. Quand un patient rentre, il a mal ici ou là, il a une idée de l’origine de sa douleur, mais lorsque l’on aborde le corps dans sa globalité on s’aperçoit  parfois qu’une douleur cervicale peut très bien avoir son origine dans le bassin ou dans un pied. Ainsi, il faut libérer l’ensemble des restrictions de mobilité et pour ce faire il faut s’éloigner du symptôme. Cette approche pour un médecin est assez difficile à appréhender et pourtant cela a une logique, car quand on étudie la bio mécanique, on s’aperçoit que toutes les parties du corps sont interdépendantes, lorsque l’on voit qu’un diaphragme sollicite l’ensemble des viscères, on voit bien que le mouvement est partout et que ce n’est pas une illusion.

Rencontrer une personne par le toucher, c’est partir en voyage, mais de la même façon quand deux personnes échangent verbalement, par le verbe nous partons également en voyage, l’ostéopathie est un voyage silencieux qui passe par le toucher et qui correspond à un réel voyage.

La vie on la rencontre partout dans le corps, la vie ne manque pas d’imagination, toujours prête à surprendre et à prendre par la main.

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